Polar : Le fils prodigue de Jean-Baptiste Ferrero


Un nouveau roman de Jean-Baptiste Ferrero !

Nous y retrouvons Thomas Fiera un privé très spécial aux méthodes et amis peu orthodoxes qui va devoir secourir son fils. Car oui il a un fils. Et le chemin qu’il va prendre pour le libérer se révéler mouvementé.
Ne nous cachons pas j’aime les aventures de Thomas Fiera. J’avais qualifié “Antithèse” de polar truculent, cathartique et émouvant. C’est assurément le cas pour ce roman.

La vie y apparait dans des couleurs plus intenses :
Le sang est plus rouge,
l’amour y est plus écarlate,
les pourris y sont plus sombres,
les moments de fulgurance et y sont plus blancs,
les moments d’émotions y sont plus bleus (oui pour moi l’émotion est bleue comme l’océan)
et le gris de la déprime y est lui aussi plus gris !
Plus gris ? Oui ! Thomas est un anxieux, un solitaire, un homme qui doute de lui avec une force qui le rend si attachant. Il y avait le spleen baudelairien. Il y a maintenant le gris thomasien.

Comme pour les autres romans, le rythme change oscillant entre action et prise de recul voir contemplation de l’abime. L’ambiance oscille entre le polar, les tontons flingueurs, et James Bond.

Les personnes qui se mettent en travers du chemin de Thomas sont certes ignobles. Mais de façon cohérente. Et comme, laisse entendre le nom de la collection (Les enquêtes acides de Thomas Fiera), tout le monde en prend pour son cadre y compris moi.
A croire que l’auteur me connaît … mais je vais finir par le penser vu que Thomas habite pas loin d’un ancien chez moi et fréquente mêmes de rues et des endroits que je fréquentais (Rue des Pyrénées c’est une drôle de coïncidence quand même)

J’y ai trouvé des moments d’émotion plus forts et poignants. Sans doute car l’aventure touche Thomas au plus près et l’éventail de personnages permet d’éviter une séparation stérile eux / nous.

J’espère retrouver Thomas et aussi Lucia dans un prochain roman. Vous comprendrez en lisant le roman, qu’il y a dans Lucia une grande part d’inexpliqué. Part qui mériterais un autre roman ? (incitation peu subtile à voir une autre enquête de Thomas Fiera)

Micro bémol: un peu plus violent que les précédents.

Bref ! (<- petit clin d’œil au style de l’auteur), lisez le surtout qu’il est un peu plus long que les précédents.

Autres Avis


Mes avis sur les autres romans


Où le trouver ?

Le mieux est de passer sur le site de l’éditeur : Editions du 38


Quelques citations :

Depuis ces jours funestes, je traversais ce que j’appellerais une dépression à bas bruit. Rien de violent ou d’insupportable ; aucune irrépressible envie de me balancer par la fenêtre ni de faire des trous dans les gens avec des armes de fort calibre. Juste un gros désir de rien porté à son plus haut niveau et le sentiment diffus, mais néanmoins tenace, d’être une énorme bouse inutile et malséante.
Ce n’est pas que je tienne tant que ça à la vie mais je n’aime pas l’idée d’être suicidé malgré moi par un quelconque butor sans éducation.
j’ai quand même fini par apprendre deux ou trois choses et notamment qu’il ne faut pas trop s’interroger sur les cadeaux que vous offre la vie
Ce gars-là avait autant de chance d’être le fils de mon vieux pote subclaquant que ma grand-mère d’avoir été un ragondin motocycliste spécialisé dans la littérature médiévale du Tatarstan
N’étant réellement bon à rien – ce que l’on appelle pudiquement un généraliste quoi ! – je pris en charge la coordination de tout ce petit monde
Il continuait de transpirer cette autosatisfaction condescendante propre à tous les connards intégristes, que leur chapelle soit marxiste, catholique ou lacanienne… Ils ont tout vu, tout compris, tout interprété et les regrets ou les remords ne sont pas au programme.
je ne me sentais pas tout à fait assez fini moi-même pour commencer un quelqu’un d’autre
Credo quia absurdum, disait Saint-Augustin. Je crois parce que c’est absurde. Jolie profession de foi et bel aphorisme, je le reconnais, mais qui sont aux antipodes de ma façon de penser.
Il ne fallait pas grand-chose pour transformer un révolutionnaire en bourgeois : quelques pièces de tissus cousues ensemble et quelques illusions mises à l’encan.
Je restai un long moment dans cet entre-deux impossible dont je comprenais soudain qu’il était le lot commun de tous les parents de la Terre.
Je suis un hémophile de l’âme. Je ne cicatrise jamais et de surcroît je t’emmerde.

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