Lecture : La Peau sur les os par Stephen King

 
Billy Halleck est un avocat marié, une fille et assez enrobé. Un jour il percute une gitane en voiture et la tue. Il s'en sort bien. Tout le monde se connait dans cette petite ville ordinaire alors le juge est très indulgent... Mais il croise un gitan qui lit dit "Maigri".

Billy va maigrir inexorablement et en perdant du poids il va perdre bien des illusions. Il doit admettre qu'il s'agit bien d'une malédiction réelle. Lui si rationnel, doit admettre que l'incroyable s'est glissé dans sa vie pour le condamner.
Il va perdre aussi ces illusions sur une vie humaine si banale. Il va déchirer le voile de l'hypocrisie qui l'entoure. Il y a un peu de "Métamorphose" de Kafka. Pour son entourage, il perd aussi progressivement son humanité et bien de ses superficiels amis se détournent de lui.

Va-t-il retrouver les gitans pour annuler le sort ? Il ne sait pas encore que le prix à payer est bien plus grand qu'il ne pense.

Comme d'habitude, le roman est d'abord un miroir qui nous renvoie l'image d'une société futile, hypocrite et lâche. C'est cruel et toujours bien observé, bien décrit, bien raconté.

Ce que j’apprécie comme dans la plupart des King : savoir d'avance que les choses vont empirer.
Stephen parfois nous dit d'avance que la vie de Billy va bientôt changer en mal. Mais ce que je préfère c'est le sentiment diffus d'un avenir encore plus sombre. On sait que la confrontation avec les gitans va mal se passer. On ne sait pas comment ni quand ni pourquoi. On sait juste que Billy s'approche, que le dénouement ne va pas tarder, mais on a la prescience que ce sera pire.
J'aime ces indices subtils ou bien visibles qui nous entrainent avec angoisse vers une fin bouleversante.

Un très bon King que je recommande absolument.
On sait que la malédiction du gitan n'existe hors du roman. Mais on sait qu'un Billy qui se fait exonérer de ses torts aux dépens des "autres" des hors-système est bien quelque chose de réel.

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