Roman SF - "L'homme des jeux" - Iain M. Banks

Résumé éditeur

Gurgeh est l'un des plus célèbres joueurs de jeux que la Culture ait jamais connu. Il joue, gagne, enseigne, théorise. La Culture est une immense société galactique, pacifiste, multiforme, anarchiste, tolérante, éthique et cynique. Elle est composée d'humains, d'Intelligences Artificielles et d'espèces étrangères qui ont accepté ses valeurs. Elle cultive les loisirs et les jeux qui ont le statut d'un art majeur.
Le Contact, service de la Culture spécialisé dans l'évaluation et l'infiltration de civilisations étrangères nouvellement découvertes, considère l'Empire d'Azad, terrifiant de puissance et de cruauté, comme un danger potentiel. L'Empire repose, historiquement, sur un jeu infiniment complexe dont le gagnant devient Empereur.
Si bien que Gurgeh, contre son gré, manipulé mais fasciné par le défi, se retrouve à cent mille années-lumière de sa confortable demeure, devenu un pion des IA qui régissent la Culture et lancé dans le formidable jeu d'Azad.

Mon avis

C'est un livre monde : un livre qui vous immerge dans un autre monde, une autre civilisation.
De là en découlent des qualités et des défauts.

Pour ses qualités...

C'est un univers cohérent malgré la distance qui nous en sépare. La culture est une sorte d'humanité idéale.
Ni racisme, ni d'opposant au mariage gay (on change de sexe plusieurs fois durant sa vie), ni de maladie, ni de guerre, ni d'argent, ni d'armée... Les citoyens de la culture vivent une longue vie en se consacrant à la créativité (le jeu, la formation de sortes de colonies). La Culture s'est même détachée des planètes et construit ses espaces de vies dans l'espace sur des sortes de Terres idéales recrées, réinventées.

Le jeu en général, et le Jeu d'Azad en particulier, sont très bien décrit. Les règles sont à peine évoquées et ne brouillent pas le roman. Mais Iain Banks arrive à nous transmettre la tension parfois phénoménale qui se dégage des confrontations.

L'Empire d'Azad est en comparaison une société immonde, raciste, xénophobe, qui pratique la torture, qui aime l'humiliation. Hélas, il faut bien l'avouer, l'Empire d'Azad nous ressemble beaucoup trop.
Je constate le récit, parfois difficile à saisir quand il parle de la Culture, devient beaucoup plus limpide une fois plongé dans la dictature d'Azad.

Le roman va crescendo et amène au fur et à mesure plus de richesse, plus d'imbrications et beaucoup plus de suspens et d'enjeu. Le jeu pratiqué dans la Culture n'est somme toute qu'un loisir. Même s'il est pratiqué par des champions admirés, perdre porte peu à conséquence.

Il y a dans ce roman de grandes questions qui sont posées :

  • À quoi pourrait ressembler une humanité qui aurait perdu sa part de haine et d'ombre ?
  • Qui est le barbare ?
  • Qu'est-ce que la barbarie ?
  • Y a-t-il une issue pour une société telle que l'Empire ?
  • Quel enjeu ? Quel but se fixer dans une Culture si apaisée ?
C'est un univers fascinant. Iain Banks a fait de riches trouvailles. Le décor du final est tout simplement réussi et fascinant.

Pour ses défauts...

L'intrigue met un temps fou à s'installer. On arrive dans l'Empire d'Azad au bout de 200 pages pour un livre qui en comporte 400. Les descriptions sont parfois un peu longues.

Par sa richesse, ce roman est difficile à appréhender. Entre les hommes / femmes, les robots autonomes, les vaisseaux, les personnes du Contact, on se perd un peu.

L'opposition entre la Culture et l'Empire d'Azad est un peu extrême. J'aurais aimé qu'il y ai des positions intermédiaires plus nuancées (un peuple médiateur aurais trouvé sa place dans le récit).

En conclusion.

Très justement, le roman souligne que le jeu d'Azad ne prend sa valeur qu'une fois immergé dans son monde natal. Pareillement, le roman ne devient vraiment captivant qu'une fois arrivé sur cette planète. 
Alors, accrochez-vous pour les 200 premières pages !

La Culture me semble une bonne base pour les romans suivants. Espérons que l'auteur arrive à l'exploiter dans un récit plus condensé.

Autres avis

Je remercie Naufragés Volontaires, pour sa critique qui m'a donné envie de lire le livre.
Un autre avis via Quoi de neuf sur ma pile ?


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