Chalk une excellente série d'Urban > Fantasy

Résumé de l'éditeur

Jeté par son employeur après trente ans d’ESAD (Études Scandinaves d’Architecture Domestique), jeté par son banquier qui lui refuse un prêt, Alfred entre dans un bar. Une inconnue lui parle d’un dragon, entre deux verres de vodka, et le laisse à son imbroglio existentiel, embrumé par l’alcool. Et c’est là que tout bascule. Deux jours de cuite plus tard, il regagne (à reculons) ses pénates, où l’attendent Geneviève, sa femme depuis 27 ans, et Caro, sa fille de 24 ans. Il se demande s’il ne serait pas temps de laisser là Geneviève aux migraines à répétition, Caro et ses rêves d’actrice. Il se demande s’il ne serait pas temps d’être… enfin lâche ! Et, pourquoi pas, retrouver les traces de l’inconnue, même s’il lui faut affronter un dragon… C’était peut-être une bonne fée après tout ?

Urban > Fantasy : Qu'est-ce que c'est ?

Urban ?

La série commence par Alfred. Alfred est un perdant, perdu de la vie. Freddy Woets nous décrit son errance en milieu urbain. Alfred promène sa désillusion de bar en hôtel. Il est très bien décrit par l'auteur.
Pas de mépris pour cet homme, à la place on trouve une profonde compréhension pour un homme qui n'a plus de buts dans la vie.
Nous sommes tellement structurés autour du "succès dans le travail" et du "bonheur familial" que sans ces deux piliers, nous sommes à la dérive.

La ville (Paris, mais cela n'a aucune importance) est un bon cadre pour cette navigation à vue...

> ?

On glisse petit à petit vers et de plus en plus vers ...

Fantasy ?

Le fantastique, le fantasmagorique entrent tout à coup dans la vie d'Alfred. Ce rêve éveillé (Aflred se demande bien quelques fois si ce qui lui arrive est bien vrai, car incroyable) prend de plus en plus de place jusqu'à monopoliser tout le récit...

Mais alors Chalk ...

C'est un subtil mélange entre peinture caustique de notre société et fantasmagorie.
Il est délicat de trouver un équivalent littéraire ou cinématographique, mais je dirais qu'il y a quelque chose de Terry Gilliam : Brazil ou The Fisher King (et c'est un gros compliment de ma part).

À la fois rude (mais pas cruel, car on sent Freddy Woets plein d'amitié pour ses personnages) et délirant, c'est un livre atypique qui n'a pu trouver sans place que chez un éditeur qui prend des risques.

Le récit ne tombe pas dans les poncifs de films pour ado : Non le personnage central ne se retrouve pas idole/héros/sauveur/surhomme (barrer la mention inutile) quand on passe dans l'autre monde !
Alfred reste lâche et perdu. Il n'est pas un poids mort loin de là. Il devient juste plus acteur de son propre destin, et ce de bien des façons.

Style, Écriture

C'est bien écrit : avec passion et maîtrise. Les phrases dénotent souvent d'un esprit non pas cynique, mais caustique.
J'ai particulièrement aimé la maturité de l'écriture.
Je ne connais pas l'auteur (sauf par son interview), mais on sent le bon vivant, le fin observateur ...
Je pense que Freddy aurait pu écrire aussi bien un roman 100% urban que 100% fantasy.
Là où réside la qualité de la série est ce délicat mélange entre les deux.
Je n'arrive pas à savoir si Freddy Woets a planifié ses tomes ou au contraire s'est laissé emporté par ses personnages et a réussi à retomber sur ces pattes !

Une bonne galerie de personnages (surtout Alfred) est dépeinte avec le regard d'un écrivain qui a fait du chemin dans la vie. 
Et ça fait du bien ! J'aime les auteurs qui ont de la bouteille.

En conclusion

  • C'est bien écrit
  • C'est à la fois réaliste et délirant (cartésiens s'abstenir)
  • C'est passionnant : on dévore les 6 tomes 
  • Pour en savoir plus, passez chez NumerikLire
    sans DRM, sans prix abusif, sans trafic des ventes, mais pas sans talent !

D'autres avis ?

Commentaires

  1. Très chouette chronique. Je n'ai ( pour l'instant ) lu que le premier épisode mais comme toi je suis charmée par le style et les personnages. La suite m'attend sagement dans ma liseuse.
    A bientôt !

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