Holocauste de Christophe Siebert

4ème de couverture

Après l’épidémie, qui s’est abattue avec la brutalité d’une bombe atomique lâchée sur un village de vacances, ce qui reste de l’espèce humaine tente de s’organiser. Le spectacle est loin d’être réjouissant. C’est le pire de la nature humaine qui se dévoile. Loi du plus fort, violence, cruauté, la catastrophe a dénudé l’homme et il n’est pas beau à voir. « Les conversations aboutissaient toujours à ces questions. Qui était mort, à quelle attaque, à quel âge ? C’était des sables mouvants où s’enlisait chaque échange social, sans espoir. »

Olivia, une jeune femme au parcours difficile et que sa personnalité ambiguë pousse à une étrange quête d’absolu, tente de survivre dans un environnement où tous les repères moraux ont disparu.

Mon appréciation

C'est une dure lecture non pas par son écriture, mais par son côté nihiliste.
On suit certes un personnage principal Olivia, mais aussi des personnages secondaires. La mort frappe aveuglément.
Je ne sais pas si c'est fait sciemment ou pas, mais la trame du récit exécute brutalement les personnages à l'image de la mort elle même en fait !

Mise à jour : Après quelques semaines, cette thématique a mûri. Je ne sais pas si l'auteur l'a fait sciemment. Toujours est t'il que ce le roman qui, je trouve, reproduit le mieux l'aspect soudain, chaotique et inhumain de la mort qui frappe au hasard...

On ne peut pas savoir d'avance si l'on va suivre la vie d'une personne pendant une ligne, un paragraphe, une page ou tout le roman. C'est parfois frustrant, mais brillant en même temps. Cela reproduit en quelque sorte la nature chaotique de le vie et surtout de la mort qui frappe sans prévenir.
Le récit est au plus près de la survie des rescapés. C'est cru et pour un public averti.
Il y a dans ce roman comme une interpellation : En cas de catastrophe, d'effondrement de la société que restera t'il de nos valeurs, de notre humanité, de la justice, des institutions, de la famille, de la tribu, de l'individu ?
La réponse franche et crue fournie par le roman n'est pas positive...même si les personnages s'interrogent sur leur propre réponse.

Pas de fioriture ni de pouvoirs surnaturels ici

Le récit est prenant. Découpé en paragraphe sautant parfois des périodes ou passant d'une personne à une autre se lit bien et vous captivera jusqu'au bout.
Point très positif : on alterne aussi les périodes de vie en groupe en société et les grands moments d'errance solitaire.
Il n'y a pas non plus de descente continue et irrémédiable. Parfois, les hommes remontent la pente, se réorganisent, assurent une vie stable...Mais pour combien de temps ?

Petits bémols

Je ne vais pas spoiler, mais dans le premier tiers du roman, tout à coup, et sans lien avec le texte qui l'encadre, la cause de l'holocauste est décrite. C'est bref et sans presque aucun impact sur les personnages ou le reste du récit. Cela m'a paru tellement bizarre que je suis revenu de suite relire le paragraphe : comme une impression de pièce apportée. On parle aussi une ou deux fois d'attaque.

Je pense que comme pour la route de Cormac McCarthy les causes de l'apocalypse n'ont pas besoin d'être connues. Les personnages subissent, survivent et ont un horizon suffisamment limité pour laisser les causes premières de la descente aux enfers en fond de tableau.

De temps en temps il y a comme un couperet qui tombe et nous fait passer d'un seul coup d'en personnage à un autre, d'une époque à une autre et parfois de la vie à la mort. Il me faut quelques lignes et mots clefs pour me retrouver.

Quelques citations

Ça m’a pris quatre semaines pour raconter toute ma vie, quatre semaines pour presque trente ans. Presque quatre cents pages. Trois cent quatre-vingts-douze exactement. C’était comme pour les cartes. On aurait pu calculer l’échelle. La réduction. Trente ans en quatre semaines, ça faisait du combien millième ? Trente ans en trois cent quatre-vingt-douze pages. Le calcul était facile à faire.
De même que les cartes n’existaient plus, de même que les noms attribués aux lieux n’existaient plus, il n’y avait plus de passé.
Je n’étais plus jamais fatiguée, plus jamais désirante, plus jamais en colère, plus jamais triste, plus jamais joyeuse. J’étais devenue froide, sèche, dure, efficace, heureuse. Parfois je me disais que j’étais morte à l’intérieur. Parfois que j’étais devenue parfaite.
De l’avis général, faute de justice, on avait la paix.
Les conversations aboutissaient toujours à ces questions. Qui était mort, à quelle attaque, à quel âge. C’était des sables mouvants où s’enlisait chaque échange social, sans espoir.
Nous jouissions de ne pas jouir. Nous jouissions du mensonge qu’était la jouissance dès lors que nous étions au royaume des morts.

En conclusion

C'est un bon roman post-apocalyptique fort, parfois violent et cru, mais c'est ce qu'on recherche dans ce genre de roman non ?
Certaines transitions sont parfois trop brutales.
Mais c'est tout à fait le genre de roman qu'on ne trouve qu'en numérique : un roman assez puissant pour rebuter un éditeur traditionnel (traditionnel dans sa ligne éditoriale).
Après Utopia qui est en quelque sorte aussi un roman post apocalyptique et ce roman-ci je vais lire quelque chose de plus léger moi !

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