Le Livre du thé de Kakuzô Okakura : avis et citations

Bien plus qu'un livre ancien sur le thé !

Ce livre parle il est vrai du thé, de sa pratique, de son histoire.
Mais c'est bien davantage un livre
  • sur les rapports du Japon au monde extérieur
  • sur la recherche de perfection, calme au quotidien
  • Ce qui m'a frappé dans le livre justement

L'auteur revient à plusieurs reprises sur ce point.
C'est une pratique démocratique qui place les personnes au même niveau
Humilité, accords, respect, écoute, harmonie sont des maîtres mots qui reviennent souvent.
Le sens du beau est un des points les plus importants dans ce livre.

La plupart des remarques et observations sur les rapports humains s'appliquent sans peine aujourd'hui tant les valeurs découvertes sont universelles et intemporelles.

Un livre à lire ?

Si le thé vous indiffère complètement il me paraît difficile de conseiller ce livre.
Sinon thé, Japon, valeur et rencontre avec l'autre me semblent les termes qui décrivent le mieux ce livre

Où le trouver ?

Il est disponible en eBook sans DRM chez Immatériel pour moins de 5€ ! Que demander de plus ?

Citations

Quelques citation pour mieux vous rendre compte de l'esprit du livre
Le chado – littéralement la voie du thé – ou le cha-no-yu – terme qui désigne d’ordinaire la « cérémonie du thé » – reste entouré d’une aura de mystère aux yeux du plus grand nombre. Pourtant, le principe en est simple : un petit nombre d’amis se réunissent et passent quelques heures à partager un repas et à boire du thé, goûtant ainsi un bref instant de répit au milieu d’une vie quotidienne trépidante. Les invités, après avoir traversé un petit jardin composé d’arbres et de buissons, pénètrent dans l’espace paisible et intime de la chambre de thé, abrité de toute lumière vive. Dans l’alcôve d’honneur, un rouleau est suspendu, qu’orne le plus souvent une parole zen calligraphiée. Quelques fleurs sont sobrement disposées dans un vase. Hôte et convives se rassemblent au sein de cette atmosphère sereine, évoquant celle d’une hutte isolée, et tout en accomplissant les activités les plus ordinaires de la vie quotidienne, communient les uns avec les autres, mais aussi avec chaque détail de leur environnement, sur un mode direct et immédiat, dans la saveur de l’instant.
La voie du thé est un culte fondé sur l’adoration du beau jusque dans les occupations les plus triviales de la vie quotidienne. Elle enseigne la pureté et l’harmonie, le mystère de la compassion réciproque et la dimension romantique inhérente à l’ordre social. Elle est, par essence, un culte de l’Imparfait, en ce qu’elle vise – avec quelle délicatesse ! – au possible dans une vie vouée, comme nous le savons, à l’impossible.
Le véritable esprit démocratique de l’Extrême-Orient en ce qu’elle fait de chacun de ses adeptes un aristocrate du goût.
Ceux qui se révèlent incapables de sentir en eux-mêmes la petitesse des grandes choses ne sauraient reconnaître chez les autres la grandeur des petites choses.
Le missionnaire chrétien vient ici pour transmettre, et non pour recevoir.
Le thé n’a ni l’arrogance du vin ni l’affectation du café – et encore moins l’innocence minaudière du cacao.
L’art du thé consiste en effet à dissimuler la beauté que l’on est capable de découvrir, et à suggérer celle que l’on n’ose révéler.
Ce monde avance à tâtons dans les ténèbres de l’égocentrisme et de la vulgarité. La connaissance s’achète au prix de la mauvaise conscience, la bienveillance se mesure à l’aune de l’utilité.
Li K’i-lai, poète Song, définit, non sans une certaine mélancolie, les trois choses les plus déplorables en ce monde : une belle jeunesse que gâte une mauvaise éducation, une superbe peinture qu’anéantit l’admiration du vulgaire, enfin de l’excellent thé que gâche une préparation imparfaite.
Sans doute ne nous dévoilons-nous tant dans les petites choses que parce que nous avons si peu de grandes choses à masquer.
C’était le processus en lui-même et non le résultat qui était digne d’intérêt, l’acte d’accomplir et non l’accomplissement qui se révélait vital.
Il est devenu moderne, autant dire vieux et désenchanté. Il a perdu cette foi sublime en l’illusion, source de vigueur et d’éternelle jeunesse pour les poètes et les sages. Eclectique, il accepte avec politesse les traditions universelles. Il joue avec la Nature, mais ne condescend ni à la conquérir ni à l’adorer.
Ceux-là commençaient par parler comme des fous, mais finissaient par rendre sages leurs auditeurs.
Nos normes morales sont nées des besoins passés de la société, mais la société est-elle vouée à demeurer éternellement la même ? L’observance de règles communes implique le sacrifice constant de l’individu à l’Etat.
L’on inculque au peuple non point la véritable vertu, mais une manière de se comporter convenablement.
Si nous ne pardonnons jamais à autrui, c’est parce que nous nous savons fautifs.
Le Bouddha Shâkyamuni, Confucius et Lao-tseu furent un jour réunis devant une jarre de vinaigre – symbole de l’existence humaine – et chacun y trempa les doigts. Confucius trouva le breuvage acide, le Bouddha le trouva amer, Lao-tseu le trouva doux.
Aimons davantage les anciens, mais copions-les moins ! Si les Grecs ont été grands, dit un adage, c’est qu’ils ne se sont jamais inspirés de leurs propres anciens.
En art, la vanité est tout aussi fatale au sentiment de communion, qu’elle soit le fait de l’artiste ou celui du public.
L’art n’a de valeur – ne l’oublions pas – que dans la mesure où il nous parle.
Le Changement est la seule Eternité
les règles de la vie sociale ont été instituées afin de nous affranchir des égarements dus à l’égoïsme et à la colère, et de communiquer avec autrui sur un plan qui transcende l’immédiateté dévolue aux conditions, aux pensées ou aux sentiments.
l’échec à percevoir l’humanité profonde d’autrui constitue l’une des plus grandes causes de conflits en ce monde.
seul celui qui a achevé en esprit l’inachevé peut découvrir la véritable beauté. La vigueur de la vie et de l’art réside dans leurs possibilités de croissance.
L’adoration du beau jusque dans les occupations triviales de la vie quotidienne

Commentaires

  1. Un livre qui apparemment mérite qu'on s'y attarde. Merci pour cette découverte.

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  2. Je le connais presque par coeur ;-)

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