Ikigami, Préavis de Mort #10

Résumé éditeur

Dans ce pays, tous les enfants sont vaccinés à leur entrée à l'école. Mais un vaccin sur mille contient une micro-capsule qui explosera entre l'âge de 18 et 24 ans, causant la mort de la jeune personne. Un fonctionnaire a reçu pour mission de délivrer dans sa circonscription l'Ikigami, le préavis de décès annonçant qu'il ne reste plus que 24 heures avant explosion de la capsule. En suivant de près ou de loin le sort des hommes et des femmes à qui il vient annoncer la mort, il en vient à se poser des questions interdites sur la légitimité de cette "Loi pour la Prospérité Nationale"

Fin d'une bonne série

La série alterne entre les doutes de Fujimoto (le fonctionnaire qui délivre le préavis) et les destins forcément brisés de ceux qui le reçoivent. En 10 tomes, on rencontre de multiples histoires personnelles et de multiples façons d'y faire face. Peu de personnes l'acceptent avec résignation. Comme ce sont des jeunes, les parents sont souvent confrontés à la fin de tous les espoirs qu'ils avaient placés en leur fils ou fille.
La loi encadre celui qui va mourir. S'il n'arrive plus à se contrôler et commet des délits, sa famille ne recevra pas la pension associée à l'Ikigami.

Évidemment, face à cette mission éprouvante, Fujimoto doute. Il va rencontrer des personnes qui s'y opposent. La police politique veillant au grain le doute est ambigu, dissimulé et rarement assumé.

Alors que 9 volumes avaient bien planté le décor en s'approchant doucement du dénouement, tout à coup le tome 10 final est annoncé. Le côté politique de l'histoire n'ayant que peu avancé, comment en un seul tome conclure les doutes, l'opposition à cette loi ?

La fin est rapide certes, mais assez élégante par son côté inattendu (même si un aspect "Happy Ending" est bien présent).
Je ne vais pas spolier, mais l'intrigue est bien politique telle que je l'attendais depuis quelques opus.

C'est une bonne réflexion sur la société d’oppression (sans avoir l'envergure d'un 1984 on est bien d'accord). L'acceptation de cette loi ignoble me laisse cependant perplexe. Seule une dictature forte pourrait promulguer une telle horreur. Hors le Japon dépeint dans ce manga, même si des tensions sont évoquées, me semble bien trop démocratique pour laisser tel quel un programme de mort.

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