mercredi 20 mai 2015

Manga : Gen d'Hiroshima, tome 5 - Keiji Nakazawa


Mes avis sur les tomes précédents

Résumé

Nous sommes arrivés à l'hiver 47-48. Oui plus de deux ans après la bombe. Gen, sa famille, ses amis et les Japonais sont toujours en mode survie. Les Américains qui sont là aident-ils les Japonais ?

Avis

Les conséquences de la guerre sont toujours là. Pas de travail. Peu de nourriture.
Encore une fois, il n'y a pas d'angélisme dans ce tome. Les victimes se transforment volontiers en bourreaux.
Les yakuzas exploitent la misère, la faiblesse et l'enfance sans aucun remords. Ils sont bien loin de l'image qu'ils tenteront de fabriquer des décennies plus tard.

Gen parvient quand même a créer un cercle d'amis autour de lui pour rendre la survie possible et plus humaine.

Des thèmes plus globaux transparaissent dans ce tome :
  • L'empereur qui semble toujours vénéré
    Chose peu compréhensible pour Gen né dans une famille pacifiste.
    Il ne comprend pas qu'un des hommes qui a précipité le Japon dans la guerre soit encore respecté.
    Les tendances antérieures présentes avant la guerre sont toujours là.
    À la lumière de ce tome, je me demande :
    Quand le peuple japonais est-il devenu pacifiste ?
  • Les Américains ne sont pas là pour soigner ni aider
    Ils sont là pour analyser les effets de la bombe et c'est tout.
    Tout discours visant à dire "la bombe a permis de mettre fin à la guerre ..." devrait être sérieusement mis en balance avec le comportement de l'occupant...
Gen est toujours une série de haute qualité, forte, sans pitié ni complaisance.
Il y a malgré tout des moments de délires, de complicité, de jeu, de solidarité ... Ces moments dressent un tableau bien plus nuancé que le dramatique de la situation laisserait augurer.

jeudi 30 avril 2015

"Ça" de Stephen King

Résumé

Des hommes et de femmes quittent leurs travail, maris, épouses pour partir à Derry dans le Maine. Enfants ils ont joué ensemble dans cette ville ordinaire qui abrite quelque chose. Quelque chose qui tue les enfants. Quelque chose qui fait peur.

Avis

Encore un magistral Stephen King. Toutes les formes de peur passent dans ce roman.
"Ça" extrait tout ce qui fait peur à ceux qui l'affrontent et ils sont terrifiés (nous aussi).

Le roman est aussi une peinture sans complaisance, sans masque d'une Amérique moyenne, raciste, homophobe, lâche. La violence d'un monde enfantin, dont les brutalités passent sous le radar des adultes indifférents, m'a frappé

La trame est très bien construite : dans une sorte de spirale, les personnages adultes, puis enfants, puis adultes ... se rapprochent de nouveau de "Ça". Car ce qui est arrivé lors de l'enfance se dévoile au fur et à mesure. Les adultes redécouvrent leur enfance.

La grande force du roman est d'être celui d'une profonde amitié qui traverse les années, voir les décennies :
"Peut-être que ces histoires de bons et mauvais amis, cela n’existe pas ; peut-être n’y a-t-il que des amis, un point c’est tout, c’est-à-dire des gens qui sont à vos côtés quand ça va mal et qui vous aident à ne pas vous sentir trop seul. Peut-être vaut-il toujours la peine d’avoir peur pour eux, d’espérer pour eux, de vivre pour eux. Peut-être aussi vaut-il la peine de mourir pour eux, s’il faut en venir là. Bons amis, mauvais amis, non. Rien que des personnes avec lesquelles on a envie de se trouver ; des personnes qui bâtissent leur demeure dans votre cœur."
Cette amitié est le rayon de lumière de cette histoire, car il y a dans cette ville de Derry une très grande place occupée par la haine.

mercredi 25 mars 2015

« L’île des rêves » de HINO Keizo

 

L'avis qui m'a donné envie de lire ce roman

Voir le billet sur "La littérature Japonaise"

Mon petit résumé

Monsieur Sakai est un employé comme les autres. Tous les dimanches il se promène. Il aime profondément cette ville qui semble pour lui organique et vivante. Ses pérégrinations l'emmènent là où Tokyo secrète son propre avenir sous la forme de terrains vagues  anciennes décharges d'ordures.
Il va faire là une rencontre ....

Mon avis

Comme son nom l'indique, c'est un roman très onirique. Les promenades de Mr Sakai sont prétextes à des sortes de rêves éveillés. Le rythme est lent comme dans un mange de Taniguchi.
Monsieur Sakai est l'un des personnages du roman. Tokyo est l'autre personnage principal.
Cette ville est vivante. Elle semble se construire elle même consciemment vers la mer. C'est là que Monsieur Sakai retrouve les témoignages d'une vie qui lui échappe. Les ordures produites puis assimilées sont à la fois les témoins d'une vie révolue et bases de l'avenir toujours plus grand étendu et haut de Tokyo.

Si vous ne connaissez pas Tokyo, ce roman vous en donnera un image très particulière.
Si vous la connaissez peut-être retrouverez-vous ces traits qui font de Tokyo ce qu'elle est. Ce mélange de beau et de laid, de massif et d'intimiste, de peuplé et de désert, de vertical et d'étendu, d'oppressant et de libérateur ... Car depuis ces terrains vagues c'est bien Tokyo qui est sans cesse au cœur du roman.

Un roman très particulier donc, mais fascinant (bon je ne suis pas neutre cette ville me fascine... j'y retourne d'ailleurs pour la troisième fois bientôt pour une trop courte semaine)

J'ai retrouvé dans ce roman l'onirisme des premiers Haruki Murakami (avant qu'il devienne plus conventionnel).

Note

Je n'aime pas les boîtes noires.