jeudi 19 février 2015

"Le restaurant de l'amour retrouvé" d'Ito Ogawa

Couverture

Avis

J’ai profité de promotions Philippe Picquier pour mettre la main sur cet eBook à un prix très doux, sans DRM.

Rinco 25 ans à tout perdu. Son amoureux est parti avec les meubles, l’argent, son appartement tokyoïte est complètement vide… Comme sa vie visiblement. Il ne reste à Rinco qu’à retourner dans son village natal dans la maison familiale où vit encore sa mère. Les relations mères n’ont jamais été fortes et ont été sérieusement distendues.

Rinco se lance alors dans ce qu’elle sait faire : cuisiner. Elle ouvre un restaurant très particulier. Elle fait des repas sur mesure. Des repas préparés avec tant d’attention qu’ils en changent la vie des clients.
Elle reconstruit la vie des autres, mais elle peine à faire de même avec la sienne. La relation mère fille reste très distante, une sorte de relation en creux.
L’absence de dialogue, l’absence physique (Rinco est partie très longtemps de la maison) jouent un rôle de premier plan.

Les sentiments ne sont pas exprimés directement, mais suggérés (au travers des plats par exemple) ou bien écrits. Rinco ayant perdu la voie elle ne dialogue qu’avec un carnet. La aussi un roman typiquement japonais, où la narratrice se met en retrait et exprime en fin de compte ses sentiments et émotions qu’au travers des plats.

Comme tout bon roman japonais, la nourriture prend beaucoup de place. Le sujet s’y prête bien. L’aspect très optimiste de la cuisine qui soigne est habilement contre-balancé par la modestie et l’humilité de Rinco.

En conclusion un doux roman japonais.

mardi 17 février 2015

Une forme de guerre de Iain Banks

Couverture

Avis

Ce tome fait partie d’un ensemble de romans parlant de la “Culture”.
Qu’est ce que la “Culture” ? Une civilisation galactique promouvant la paix (en son sein nous y reviendrons), la tolérance, l’athésime, … Elle est puissante, étendue et bien que soit disant pacifiste très ingérante vis à vis de ces voisins.
C’est le troisième tome de la “Culture” que je lis.

Le premier : L’homme de Jeux que je conseille même s’il met beaucoup de temps à se mettre en place.

Le second : L’usage des armes qui suit à rebours la vie d’un mercenaire de la “Culture”. Sa narration n’est pas linéaire. Il est plus difficile à suivre.

Je me suis progressivement familiarisé avec cette civilisation presque utopique et à croire en elle. C’est sans doute pour cela que ce fut le plus facile à lire.

C’est lors de ses interactions avec les autres mondes et civilisations que la “Culture” se révèle la plus intéressante.

On suit lors de ce tome un métamorphe (Horza) la combattant pour et avec les Idirans.
Les Idirans semblent des anti-“cultures nés. Croyants” fanatiques, belliqueux au possible, ils sont en guerre contre la “Culture”.
Nous suivons l’épopée d’Horza à la poursuite d’un mental (une entité pensante synthétique issu de la “Culture”). De nombreux rebondissement rendent le récit passionnant.

Je me suis demandé tout au long du récit pourquoi Horza combat la “Culture”. Il est au fond proche d’eux : lui change d’apparence, eux changent de sexe régulièrement. Il est allié des fanatiques Idirans qui, à l’exception de certains membres, le méprisent profondément (le mot est faible). Il ne pourrait être accepté et vivre pleinement qu’au sein de la civilisation de ses ennemis. Ses motivations profondes semblent ténues : il leur reproche la création des machines pensantes.

Il y a donc tout au long du récit une sorte d’ambiguïté d’Horza qui serait prêt à basculer. J’avais envie de lui dire mais laisse tomber ces dingues !
L’ambiguïté fait écho à la “Culture” civilisation pacifiste qui pratique pourtant une guerre longue contre ces civilisations obscurantistes.

Les personnages secondaires vivants ou synthétiques sont comme dans les précédents tomes variés et intéressants.

vendredi 30 janvier 2015

"Un café maison" de Keigo Higashino

Un café maison

Avis

Le lecteur est l’observateur privilégié qui voit aussi bien la police que l’assassin ou le criminel. On ne connait pas le modus operandi, mais on connait le résultat.
Comme dans le dévouement du suspect X, on assiste à un combat d’esprit.
L’intrigue se déroule comme un jeu d’échec. Le criminel a poussé ses pièces sans les dévoiler.
La police avance les siennes sans trouver comment le mettre en échec.
Les émotions sont un peu reléguées en arrière plan. Ce qui compte le plus et de résoudre l’énigme posée par le meurtre pour la police et de contrer ou d’égarer habilement les inspecteurs.
C’est très passionnant mais parfois un peu froid et une certaines incrédulité m’a saisi lors du dénouement.
Le criminel a fait preuve d’une telle détermination et d’une telle anticipation que l’on reste un peu pantois.
Le roman reste un polar captivant
J’ai déjà lu d’autres romans de Keigo Higashino :