vendredi 29 avril 2016

La Voix - Arnaldur Indriðason : un polar islandais



Après "La cité des jarres", La femme en vert, je lis à nouveau un polar d' Arnaldur Indriðason.
Encore une fois, c'est un excellent roman. Le choix des personnages liés à l'enquête est toujours aussi pertinent.
Chaque victime raconte une histoire : ici, celle d'un homme oublié de tous vivant dans un cagibi et ancien enfant star. Il est assassiné dans à quelques jours de Noël dans son costume de père Noël. Elendur mène son enquête à la fois dans l'hôtel où cet homme fut assassiné, mais aussi dans son propre passé.

C'est efficace sans manquer de subtilité. C'est émouvant en restant pudique. Les personnages ont tous une grande crédibilité même si Erlendur tient presque exclusivement le devant de la scène.

J'emprunterais donc avec plaisir le prochain roman en e-book. Et oui, je peux emprunter des e-books.
Il y a une plateforme en Suisse romande pour cela : Bibliomedia

mardi 19 avril 2016

Polar Japonais : L'équation de plein été - Keigo Higashino



J'ai lu quelques autres polars de l'auteur : "La maison où je suis mort autrefois", "Le Dévouement du suspect X", "La Prophétie de l'abeille", "La lumière de la nuit", "un café maison"

Je ne saurais dire lequel m'a le plus plu.
Tous sont de minutieuses enquêtes personnelles ou de police.

Dans certaines comme "La Prophétie de l'abeille", une certaine distance subsiste. C'est une enquête palpitante, mais il manque une émotion, quelque chose qui prend aux tripes.
Je pense que ce sont mes lectures récentes d'Arnaldur Indriðason qui m'orientent vers ce genre d'histoire plus forte.

Dans d'autres comme "Le Dévouement du suspect X" c'est une véritable partie d’échecs entre le physicien Yukawa et le suspect.

Ici, l'auteur a l'intelligence de rapprocher le fameux Yukawa aux personnes impliquées. Certes le physicien possède un côté surhumain : il est brillant, il ne laisse pas passer de lapsus, d'indices, il cerne d'une façon incroyable les personnes qu'il rencontre.
Mais ici, confronté à un enfant, il perd ce côté froid. Il est vulnérable et exposé lui-même à sa propre recherche de vérité.

Cette rencontre permet un double récit : celui d'un passé trouble qui remonte et celui d'un présent lui aussi troublé qui se construit.

Comme pour les autres romans, l'enquête est méticuleuse et absolument passionnante à suivre.
Comme pour les autres romans, l'émotion remonte plutôt lors du dernier quart. Mais ici c'est beaucoup plus puissant. Cela est sans doute dû à la qualité des personnages. Ils m'ont plus touché.

Comme d'habitude j'aime les aspects japonais du roman : les repas servis dans une auberge traditionnelle, les actes qui évitent de faire perdre la face, la petite station balnéaire si typique.

Cette dernière m'a rappelé quelques endroits désuets et passés de mode où je suis allé en été au Japon. Et oui parfois des lieux en perte de vitesse vous laissent plus de souvenirs marquants que des métropoles clinquantes.

En conclusion : je dirais subjectivement que c'est mon Keigo Higashino préféré (pour l'instant)

mardi 12 avril 2016

Policier : Drôle de mort de Sophie Moulay

Résumé

Un homme assiste sous la forme d'un fantôme à l'enquête qui a lieu en sa maison à la suite de sa mort par empoisonnement.

Avis

Vous venez de lire le résumé et vous vous dites : "cela manque d'originalité pourquoi donc irais-je lire ça ?" et bien pour deux excellentes raisons : c'est bien écrit et on passe un très bon moment.

C'est un huis clos familial, début XXe siècle, au sein d'une famille bourgeoise de Valenciennes.
Il y a toute une galerie de personnages certes attendus (la cigale, la vieille fille, l'inspecteur brillant, le jeune second, la jeune épouse ...), mais tous sont crédibles et attachants et jouent plus ou moins tous un double-jeu.

L'enquête livre son lot de rebondissements, retournement et coup de théâtre. Le fantôme est là non pas comme spectre agissant (quoique), mais comme spectateur privilégié de l'hypocrisie d'une famille bourgeoise de province.

C'est un roman qui ne réinvente pas le policier de huis clos, mais qui le pratique de façon convaincante et entrainante.

Le roman a ses moments d'émotion. Il y a en toile de fond la solitude profonde des membres de cette famille qui n'ont tout simplement pas passé du temps ensemble pour s'apprécier alors qu'ils le pouvaient.