lundi 17 août 2015

Polar - Antithèse de Jean-baptiste Ferrero

Avis

Les enquêtes de Thomas Fiera sont des polars à la fois truculents, cathartiques et émouvants.
On y croise pas mal d'ordures. Mais pas des ordures à la James Bond (irréalistes, hors de portée et au final pas crédibles). Ici les pourris sont crédibles et très contemporains.

Attention il n'y a pas que des pourris ! Il y a des lâches, des faibles. Ils ont toute leur importance dans le récit. Les personnages secondaires sont inoubliables.

Cette enquête se passe dans le milieu universitaire. Thomas Fiera tombe très vite sur des gens bien plus dangereux et dénués des plus élémentaires valeurs humaines :
Quand vous commencez à considérer les humains comme de la marchandise, c’est que vous avez franchi une limite éthique qui ne laisse plus aucune place aux sentiments et à l’empathie.
Antithèse est comme les autres enquêtes de Thomas : il y a toujours des rencontres inattendues qui donnent à l'histoire une saveur à chaque fois différente. Le personnage principal est toujours débordant d'humanité et quand il met en pratique directe son dégout de l'exploitation c'est jubilatoire.

Des reproches  : oui il en faut !
  • C'est trop court
    Mais la lutte contre le trop court, c'est ma manie à moi.
  • Le personnage du Dubrueil est un peu trop exagéré mais il nous vient une envie irrésistible de le faire taire comme Thomas.

D'autres avis

J'ai trouvé une chronique chez quatresansquatre (il y a une blaque dans cette phrase saura tu la trouver ?)

Pour en savoir plus 


Passez sur le blog de Thomas !

Pour en lire d'avantage

J'aime les enquêtes de Thomas Fiera. Lisez mes avis sur les autres enquêtes

Récit - Tokyo Vice de Jake Adelstein

Avis / Résumé

Le récit commence par l'entretien qu'à Jake avec des Yakuzas : si Jake publie un article sur le boss,  lui et ses proches mourront.
Le récit effectue ensuite un flashback. On retrouve Jake juste avant qu'il n'intègre un prestigieux journal japonais.

On y découvre avec lui son travail, les articles qu'il faut écrire toujours de la même façon, les contacts avec la police, les clubs de presse où sont distillées quelques maigres informations.
J'ignore tout du fonctionnement de la presse (surtout celle qui couvre les faits divers). Ici j'ai découvert la très grande dépendance que la presse japonaise a vis-à-vis de la Police.

Les portraits que Jake fait de ses conditions de travail et de ses collègues sont édifiants. Les heures passées au bureau sont longues. Il y a des locaux pour dormir !
La work/life balance penche largement vers le travail au détriment de la vie de famille, des relations. Plus personne n'a de hobby. Dans ces conditions, les collègues sont parfois tout pour vous.
De profondes amitiés se tissent. Même si certains ne sont pas très démonstratifs.

Petit à petit, Jake couvre des sujets de plus en plus ardus et de fil en aiguille croise de plus en plus souvent des yakuzas.

Le ton devient de plus en plus grave. Le sordide s'insinue partout. Nous ne sommes pas dans un film de yakuzas, mais dans le réel. Le code d'honneur se retrouve rarement dans la nouvelle génération (s'il a vraiment existé). Les yakuzas extorquent, menacent, exploitent et les civils ne sont plus hors limite.
Petit à petit le milieu s'adapte et rentre sur le terrain financier.

Jake au fur et à mesure de ses enquêtes tombe de plus sur des cas de trafic d'humains.Impossible de rester simple reporter. Il s'implique et les évènements prennent un tour dangereux pour lui et ses proches. Le récit devient alors beaucoup plus fort et poignant.

Tout le récit est bien écrit. Très honnête, Jake ne cache pas ses lâchetés, ses faiblesses, ses erreurs.
Il reste modeste sur ses capacités en Japonais (alors qu'il doit très bien parler et écrire).

Il y a parfois des sauts de quelques années en avant ou en arrière qui troublent la compréhension

En résumé

Un livre poignant, sincère qui vous racontera la réalité du journalisme, des yakuzas, de la police et de la justice japonaise.

Pour aller plus loin...

D'autres livres 

Certains étrangers ont raconté leur immersion dans le monde du travail japonais.
Leur travail ne consistait pas à enquêter sur des homicides ou sur le trafic d'humains.
Ce sont donc des livres très différents. Ce sont quand même des témoignages sur la vie d'étranger au Japon.

Note

Lecture garantie sans Service de Presse


lundi 10 août 2015

Roman : Joyland de Stephen King

Avis

Le quatrième de courverture indique :
"Les clowns vous ont toujours fait un peu peur? L’atmosphère des fêtes foraines vous angoisse? Alors, un petit conseil: ne vous aventurez pas sur une grande roue un soir d’orage."
Ceci n'a RIEN à voir avec l'ambiance du roman (ou très peu).

Le fantastique et l'horreur sont très peu présents dans ce roman.

C'est une plongée nostalgique d'un homme dans l'année la plus marquante de sa vie. Il s'est fait largué par sa copine (même s'il ne l'admet pas) et trouve un job dans un parc d'attraction. Pas un Disneyland, mais un parc presque familial qui "vend du bonheur". Il y flotte comme un parfum de fin de règne, de nostalgie pour ses vieilles attractions mécaniques.

Les rencontres qu'il va y faire vont le marquer pour le restant de sa vie. Comme d'habitude Stephen King excelle dans la description des gens ordinaires. Ils leur donne une vie et une profondeur que je retrouve rarement ailleurs.

C'est une œuvre touchante avec une pointe de fantastique et une très bonne dose de nostalgie.

En parlant de nostalgie...

Passez vous ce morceau de Simple Minds. En l'écoutant je lui trouve une délicieuse proximité avec le roman.

Note

Lecture garantie sans service de presse

Je n'aime pas les boîtes noires.